★★★★☆, Critiques de Films

[Critique] Wonder Woman

Avant d’être Wonder Woman, elle s’appelait Diana (Gal Gadot), princesse des Amazones, entraînée pour être une guerrière impossible à conquérir. Un jour, un pilote américain (Chris Pine) s’écrase sur l’île paradisiaque où elle vit, à l’abri des fracas du monde. Lorsqu’il lui raconte qu’une guerre terrible fait rage à l’autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu’elle doit enrayer la menace. En s’alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l’étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin.

Réalisé par Patty Jenkins, à qui l’on doit notamment le film Monster (qui a valu à Charlize Theron un Oscar en 2004), Wonder Woman est le quatrième opus du DCEU (DC Extended Universe), après Man of Steel, Batman v Superman et Suicide Squad. Un nouvel épisode, certes perfectible, mais néanmoins particulièrement flamboyant, qui fait rapidement oublier la déception procurée par les deux précédentes réalisations.

Si Wonder Woman est une franche réussite, c’est avant tout grâce à l’interprétation absolument étincelante de Gal Gadot. Non seulement l’actrice israélienne incarne sans défaillir la super-héroïne, tant sur le plan physique que psychologique, mais elle lui confère également une belle sensibilité. Une sensibilité qui s’exprime à merveille dans son rapport aux autres, le personnage se montrant à la fois drôle, naïf et touchant, sans pour autant manquer de charisme et de férocité dans les séquences d’action. L’illustration parfaite de cette dimension si particulière étant certainement la scène du « No Man’s Land » (ainsi que tout ce qui l’amène), séquence incroyablement iconique qui révèle au grand jour la toute puissance de Diana/Wonder Woman, sans occulter son extrême compassion. Aussi impressionnante sur le plan visuel qu’épique au niveau sonore, la scène constitue à n’en pas douter l’un des moments forts d’un long-métrage qui en compte beaucoup. Il faut dire que si la mise en scène de Patty Jenkins, virevoltante et généreuse en ralentis, ressemble à s’y méprendre à celle de Zack Snyder, elle apparaît ici parfaitement appropriée pour rendre hommage au style gracieux de la guerrière.

Au rang des éléments contribuant à rendre instantanément iconique le personnage, il faut encore ajouter – en plus de Gal Gadot et de la mise en scène – la superbe composition musicale de Rupert Gregson-Williams. Déjà à son aise dans Tu ne tueras point l’année dernière, le compositeur parvient à nouveau ici à introduire de magnifiques thèmes, tous en phase avec l’univers. Sans parler de celui si emblématique créé par Hans Zimmer dans le précédent film, et remanié pour celui-ci. Dans un registre purement technique, on regrettera toutefois l’inégalité visuelle de l’ensemble, certaines scènes se révélant absolument somptueuses alors que d’autres étant tout bonnement indignes d’un projet de cette envergure. En dehors des affrontements, les scènes nocturnes manquent ainsi nettement d’éclat, les rendant difficilement lisibles la plupart du temps. De même que les effets spéciaux sont parfois assez discutables, voire carrément médiocres, d’un point de vue qualitatif. Sur le fond, le film est, en revanche, plutôt convaincant. Si la structure narrative est extrêmement classique, et donc tout sauf originale, elle s’avère en effet particulièrement efficace, faisant notamment la part belle à l’héroïne.

L’introduction un peu laborieuse apparaît ainsi infiniment nécessaire pour installer solidement le personnage, et justifier/impacter toutes ses décisions futures. Source d’humour et d’émotion, la naïveté de Diana ne dessert jamais le propos du film mais lui donne, au contraire, toute sa singularité. En parlant d’humour, celui-ci est plutôt bien dosé (en plus d’être cohérent par rapport au récit) et parvient souvent à faire mouche sans jamais désamorcer les enjeux. Preuve que légèreté et profondeur peuvent tout à fait cohabiter au sein d’un blockbuster de super-héros. L’intérêt du scénario réside aussi dans sa capacité à mettre en lumière une femme forte et intelligente dans une société où la gente féminine est totalement reléguée au second plan. En cela, le film est une vraie réussite. Pour autant, le scénario n’échappe pas à quelques facilités et maladresses, notamment dans sa façon d’introduire l’antagoniste suprême. Globalement, on déplorera aussi le peu de risque pris dans la narration. Enfin, mention spéciale pour conclure à l’ingéniosité et la puissance dramatique de l’échange final entre Diana et Steve (excellent Chris Pine).

Flamboyant, spectaculaire, drôle et touchant, Wonder Woman s’impose donc comme un blockbuster de super-héros extrêmement convaincant. Porté par une Gal Gadot éblouissante, le film séduit par la candeur et la détermination de son héroïne, ainsi que par ses nombreuses séquences iconiques. Autant de qualités qui amoindrissent nettement les quelques maladresses techniques et scénaristiques dont souffre le long-métrage.

À propos de Wolvy128

Créateur et rédacteur en chef du site. Passionné de cinéma depuis mon plus jeune âge, je profite de ce blog pour partager ma passion au quotidien.

Discussion

4 réflexions sur “[Critique] Wonder Woman

  1. Tout à fait d’accord avec ta critique ! J’aurais cependant aimé que la relation Diana-Steve ne prenne pas cette direction… même si je suis d’accord avec toi pour dire que la scène finale est forte, j’aurais aimé que leur relation ne soit pas romantique.

    Publié par cinemathequedeclelia | juin 16, 2017, 6:34
    • Je comprends tout à fait ta remarque, et je la partage. L’évolution de leur relation contribue d’ailleurs à ce manque de prise de risque que je regrette dans la structure narrative. Mais l’ensemble reste tout de même très efficace.

      Publié par Wolvy128 | juin 16, 2017, 9:31
  2. Un joli film de super-héros ! Juste en dessous de Logan pour moi, parce que moins personnel, mais le film est bien foutu, bien équilibré. 2h20 traitées sans ennui, il faut le souligner. J’ai trouvé l’intro chez les Amazones vraiment bien faite, avec un univers qui change des films habituels (hormis Thor). J’ai adoré l’enjeu « Est-ce Arès qui contrôle le côté martial des hommes ? ». Il est vrai qu’au lieu d’avoir 3 méchants, on aurait pu en avoir que deux et plus les approfondir, sachant qu’il y avait de la matière. Bien d’accord avec toi sur Gal Gadot, sur sa relation avec Chris Pine !

    Publié par misterniku | juin 16, 2017, 7:22
    • Je te rejoins complètement ! J’ai moi aussi beaucoup apprécié l’enjeu. Il aurait pu paraître simpliste dans un autre film mais, compte tenu de l’état d’esprit du personnage, il est vraiment cohérent. Concernant l’intro chez les Amazones, elle m’a parue un peu longue sur le moment mais c’est un passage obligé pour introduire l’héroïne. Puis il y a des séquences sympas, notamment la représentation graphique du conflit entre les Dieux.

      Publié par Wolvy128 | juin 16, 2017, 9:49

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