★★★★★, Critiques de Films

[Critique] Whiplash

5-étoiles

Affiche whiplashPrès de 2 mois après sa sortie en France, Whiplash débarque enfin sur les écrans belges. Réalisé par Damien Chazelle, qui signe là son second long-métrage, l’histoire s’intéresse à Andrew (Miles Teller), 19 ans, qui rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher (J.K. Simmons), professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence…

Couronné à Sundance l’année dernière, Whiplash a depuis secoué (positivement) la critique un peu partout où il a été présenté, faisant ainsi de lui une des œuvres cinématographiques incontournables de ces derniers mois. Et après visionnage, il s’avère que cette œuvre n’est pas seulement incontournable, mais aussi particulièrement remarquable.

Sans forcément proposer un scénario révolutionnaire ou une réalisation exceptionnelle, le jeune Damien Chazelle livre en effet un film percutant, haletant et terriblement captivant. Le genre de film qui nous prend littéralement aux tripes et dont on ne ressort pas tout à fait indemne. En un mot : une claque ! Et le terme n’est vraiment pas exagéré tant le long-métrage parvient à nous bousculer pendant près de 2 heures. Il faut dire que la relation qui unit l’élève et le professeur est d’une dureté incroyable et s’apparente dès lors davantage à un véritable affrontement. Un affrontement avec pour enjeu principal la recherche de l’excellence, et au cours duquel Andrew ne dispose que d’une seule arme, sa batterie. Un instrument implacable qui tient le rôle central du film et qui, s’il représente pour lui un accès direct à la reconnaissance, ne se dompte pas sans sacrifices. Meurtri physiquement et psychologiquement, Andrew devra donc s’abandonner complètement à son art pour tenter d’atteindre la perfection, au risque peut-être d’atteindre le point de non-retour.

Photo whiplashComme un véritable chef d’orchestre, le réalisateur rythme brillamment son film et confère à ses performances musicales une intensité rare. J’en veux pour preuve cette magistrale montée en puissance finale, qui vient ponctuer un solo nerveux et frénétique, nous laissant totalement KO sur notre siège, aussi éreinté que le musicien. D’un point de vue technique, le film est d’ailleurs extrêmement maîtrisé. De la réalisation à la photographie, en passant par le montage, chaque aspect semble convenir parfaitement au sujet et à l’esprit du film. Cependant, malgré les nombreuses qualités du long-métrage, celui-ci ne serait absolument rien sans les prestations incroyables de Miles Teller et J.K. Simmons. Le premier confirme en effet magnifiquement le talent déjà perçu dans ses rôles précédents et, à l’image de son personnage dans le film, se dépasse littéralement à l’écran. Le second se révèle quant à lui impeccable en professeur impitoyable et intransigeant. Charismatique et crédible, il insuffle à ce personnage moralement discutable une aura presque magnétique.

Pour son deuxième long-métrage, le réalisateur Damien Chazelle livre donc une partition sans la moindre fausse note, portée par deux comédiens remarquables dont l’affrontement épique n’a assurément pas fini de marquer les esprits. Une œuvre puissante, immersive et percutante sur le dépassement de soi et la recherche de l’excellence.

À propos de Wolvy128

Créateur et rédacteur en chef du site. Passionné de cinéma depuis mon plus jeune âge, je profite de ce blog pour partager ma passion au quotidien.

Discussion

6 réflexions sur “[Critique] Whiplash

  1. Bonjour Wolvy, je pense tout à fait comme toi ! Bien évidemment tu écris et résumes toujours aussi bien les qualités du film.

    L’ayant regardé le week-end dernier, j’ai également pris une claque. Jouant moi-même de la batterie et ayant fait un peu d’orchestre, l’ambiance pesante du conservatoire dans Whiplash reflète exactement la réalité. Le chef d’orchestre participe également à son stéréotype d’exigence, sauf que le tout poussé à l’extrême en plus d’être très bien réalisé offre de redoutables frissons.
    Plus qu’un film sur la musique avec un maître mot banal comme on aurait pu s’attendre, il va très loin et fait effectivement réfléchir. Et ce malgré quelques petites faiblesses aux alentours du 2e tiers du film (accident prévisible et un peu abusé pour le contexte je trouve) ainsi qu’une petite cassure de rythme qui s’ensuit. Mais bon, je ne vais pas pinailler, il est excellent !

    Publié par Kazura | février 19, 2015, 6:39
    • Salut Kazura ! Et tout d’abord merci pour les compliments, je fais de mon mieux pour proposer des articles de qualité et c’est toujours plaisant quand les lecteurs s’y retrouvent. 🙂

      C’est intéressant de voir que le film t’a également convaincu avec ton background musical car c’est l’une de ses forces je trouve, parvenir à être grand public dans son propos malgré qu’il soit entièrement centré sur un univers précis. Personnellement, je n’ai jamais joué d’instrument et le jazz n’est pas forcément ma tasse de thé, mais le film m’a captivé de bout en bout. Je te rejoins sur le côté un peu abusé de l’accident même si je trouve qu’il appuie bien le propos et qu’il illustre plutôt bien les dangers de la voie empruntée par le héros.

      Publié par Wolvy128 | février 19, 2015, 7:17
  2. A ne rien y comprendre avec les sorties ciné entre les birdman qui sort avant whiplash alors qu’en france c’est l’inverse mais qui reste encore loin des sorties us..
    Bref très gros coup de coeur pour ce film, si JK simmons récupère pas un oscar après une performance comme ça, a noter un léger creux au milieu du film mais la fin est tellement magnifique qu’elle fait oublié tous les défauts mineurs du film! Must see movie :p

    Publié par quentinrr | février 19, 2015, 6:48
    • Globalement, les sorties entre la France et la Belgique sont souvent identiques mais, comme je te l’avais dit, il y a parfois quelques décalages. J’ignore pourquoi par contre. Ici, 2 mois ça fait quand même long je trouve.

      Sinon, je ne vois pas comment l’Oscar pourrait échapper à J.K. Simmons après avoir vu le film, il est incroyable ! Et comme tu le dis, si le film n’est pas exempt de petites faiblesses, son final magistral a tendance à les faire oublier.

      Publié par Wolvy128 | février 19, 2015, 7:21
  3. J’ai trouvé le film excellent également. Mais je ne suis pas sûre d’être d’accord avec son discours sur l’autorité.

    Publié par Marla Singer | février 19, 2015, 7:46
    • C’est vrai que le propos du film flirte avec des positions extrêmes mais je trouve qu’il n’y bascule jamais, le récit disposant de suffisamment d’éléments que pour venir contrebalancer l’autorité outrancière dont il fait preuve.

      Publié par Wolvy128 | février 19, 2015, 8:22

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